Müller, Beauvoir, 9 Janvier... Sinon il y a Lara Fabian aussi...

Müller, Beauvoir, 9 Janvier... Sinon il y a Lara Fabian aussi...
"Je suis Ophélie. Que la rivière n'a pas gardée. La femme à la corde, la femme aux veines vertes, la femme à l'overdose sur les lèvres de la neige, la femme à la tête dans la cuisinière à gaz. Hier, j'ai cessé de me tuer. J'ouvre grand les portes, que le vent puisse pénétrer, et le cri du monde."

Heiner Müller, Hamletmaschine

Plus je lis ce texte et plus je l'aime. Expérience de lecture : Le deuxième sexe. Je l'aime d'autant plus. Des mots qui vous crachent à la gueule.
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# Posté le vendredi 05 février 2010 23:15

Modifié le vendredi 05 février 2010 23:29

Mes silences vous parlent

Mes silences vous parlent
J'ai horreur des alcooliques. Non pas que je ne consomme pas d'alcool moi-même, ce n'est pas la consommation mais plutôt l'addiction à la consommation qui fait l'alcoolique et me rebute.

Un peu de répit et le bruit du gaz qui s'échappe d'une canette ou d'une bouteille en verre. Le sourire à la main, le verre à la bouche, l'alcoolique promène son ventre hideux plein de son addiction avec peine : il se trimballe comme un verre géant qu'il s'autorisera à vider avec autant d'élégance qu'il ne se remplit.

J'ai horreur des alcooliques : ce regard vitreux dont la seule expression est le trouble, ce sourire imbécilement joyeux et les paroles qui s'échappent fort comme un rot. Même quand il ne boit pas, il est gros et mou : il pense à boire et finit par ne plus penser à grand chose d'autre. L'alcoolique sauve les apparences jusqu'à ce que son apparence ne se transforme. Boire est pour lui peut-être un oubli, mais quand boire ne peut s'oublier, c'est là que le problème se pose.

On s'en vante presque, il est pour certains un acte de bravoure que de boire plus que d'autres, et le verre à la main est un faire-valoir de l'être qui le tient... Mais la verre finit par être plus sujet d'un objet, maître d'un esclave que quoique ce soit d'autre. Oui, il est drôle et sociable celui qui ne sait plus ce qu'il dit ou fait et perd l'équilibre, il est drôle... Ridicule perte des sens, on ne maîtrise pas plus ses secrets que ses gestes.

Il est faux de penser que l'être saoul n'est que dans un état secondaire, chaque verre qu'il absorbe n'est qu'une tombe qu'il creuse un peu plus à sa cervelle, son foie, son corps, lui-même.

Je crois qu'on le pense trop anodin. Je crois qu'on me dira rabat-joie. Hypocrite, qui sait ? Quoique je bois un thé avec plus de plaisir qu'une bière et me ferais bien une tea party endiablée avec des amis (on célébrera un joyeux non-anniversaire). Sauf que la société construit la consommation d'alcool comme l'acte social nocturne de référence... On boit comme les autres, on accepte d'imiter le même geste que depuis toujours.

J'ai peur qu'il me fasse perdre ceux que j'aime dans la bêtise -ceux qui y sont déjà me dégoûtent.
J'ai peur qu'il ne soit trop tard pour certains...

# Posté le samedi 30 janvier 2010 22:15

Modifié le dimanche 31 janvier 2010 11:25

[Home]

Elle a la mémoire de l'enfant,
Des pleurs et des rires,
Elle a la mémoire des amants
Et de mes soupirs.

Je l'ai construite et elle aussi
En un certain sens :
J'y ai placé mes soucis,
Elle, son essence.

Chambre, prison dorée et tour d'ivoire,
Enferme tes parfums entre tes murs :
On ferme ta porte sur le couloir
Et l'on se retrouve dans tes murmures.

Tu es une musique qui résonne,
Une bougie ou de l'encens qui brûle,
Tu es univers, un lieu, une bulle,
Tu as la chaleur du chat qui ronronne.

La couleur de l'ancien en étant actuelle,
C'est tes meubles d'ancêtres et tes livres à foison,
La musique en reine et ton lit au diapason :
Chambre de l'enfance, tu demeures éternelle.

Ethel'

# Posté le dimanche 20 décembre 2009 16:32

Modifié le dimanche 20 décembre 2009 16:52

I am [still] a real teenager

I am  a real teenager
Le compte à rebours a commencé...
22h25, 8 décembre 2009. Un mois, un jour exactement... The roaring twenties.

[Yet a real teenager]

Des cheveux qui en disent long. De vieilles Docs aux pieds et des collants rayés. J'ai mes caprices et mes délires, quoique je commence à pourrir : j'ai rêvé d'être ado et j'en rêve encore, un âge chewing-gum et futile où la vie n'est qu'un monde d'inconnus. J'ai peur de grandir et je le fais quand même. Parce que j'ai la nature du sérieux et qu'il le faut. "Falloir"... Combien ce mot est proche de faillir, tomber ; et quand on a la tête dans la Lune, il faut dire qu'on tombe de haut !
Quand le falloir entame la pensée, il la ronge de bas en haut pour que peu de place reste à l'enfance dans le cerveau. Milieu, politesse, tiédeur : souris, fais la gueule et tiens-toi droit. On pardonne à l'enfant parce qu'il est enfant, trop neuf au monde pour que les adultes l'aient façonné à leur image. Contraint, conscrit, restreint, ainsi est le monde responsable où l'imagination et la spontanéité étouffent. Être adulte est une marque déposée ? Il faut entrer dans le moule pour avoir le label ? L'expérience doit en enlever des bouts : les pensées farfelues, les rêves irréalisables et la pureté des rires. Le tragique de l'humanité, c'est qu'elle est vouée à vieillir ou à mourir sans concession. On ne trompe pas le temps qui passe et l'addition des expériences nous aigrit et nous blase. Il y a toujours du nouveau, certes, mais il perd de son éclat d'avant. C'est du nouveau réchauffé qu'on oublie sitôt apparu.
J'ai lu que l'on ne cessait pas de rire parce que l'on vieillissait mais que l'on vieillissait parce que l'on cessait de rire. J'ai connu des vieux de 16, 17 ans : ces types qui prennent le sérieux tellement à c½ur [A FINIR]

# Posté le mardi 08 décembre 2009 05:45

Modifié le dimanche 20 décembre 2009 19:43

Eros&Thanatos [Semi-automatisme et vieille habitude]

S'entourer de flammes, de nuages de sang,
Une pluie nous embrasse et sur toi je m'étends :
Rêve de nuit rouge, de baisers et de douleur,
Que plus rien ne bouge, qu'on contemple la couleur
S'écouler à nos pieds et partir pour toujours
Dans le ciel bouillonnant de nos nuits et nos jours.
Mourir avec toi, ne jamais être seule.
Mourir avec toi, être veuve sans deuil.

A l'ivresse des nuits, à jamais nos ennuis...

[Et ici descend du ciel ce n½ud coulant qui vient nous y porter]

(supposons qu'il soit narcissiquement nécessaire de le préciser :) Ethel'
[NB : Joy Division et Lifelover en boucle, c'est mal]

Eros&Thanatos [Semi-automatisme et vieille habitude]

# Posté le mercredi 02 décembre 2009 18:03

Modifié le jeudi 03 décembre 2009 13:16